Les rêves échappent aux explications. Les chercheurs ont passé
d'innombrables heures à analyser les données d'activité du cerveau
pendant le sommeil pour essayer de mettre le doigt sur le but et le
mécanisme de nos histoires habituellement morcelées, mais parfois
fantastiques de notre sommeil. Les psychologues étudient les journaux de
rêve de leurs patients et discutent avec eux de leur symbolisme, en
essayant d'extraire une signification de ce méli-mélo d'images.
Les théories sont nombreuses et toutes tentent de répondre à cette
même question. D'un côté se trouvent ceux qui pensent que les rêves sont
des images aléatoires et de l'autre, ceux qui pensent qu'il y a une
signification profonde à ce qui est perçu par l'œil de notre esprit.
Sigmund Freud considérait les rêves comme la réalisation d'un souhait,
ou des histoires ayant une signification cachée pouvant être très
révélatrices du psychisme d'une personne. D'autres se sont demandé si
les rêves nous aidaient à gérer notre humeur, à organiser nos souvenirs,
ou simplement à créer des contextes pour les courants aléatoires de
notre conscience que notre cerveau reçoit pendant que notre corps dort.
Alors que certains ont rejeté les théories de type freudien, des
chercheurs de Harvard ont avancé une théorie pour faire le pont entre la
science et la psychologie. Ils ont découvert que, lorsqu'on disait aux
gens de ne pas penser à quelque chose, ces pensées avaient davantage
tendance à resurgir plus tard dans leurs rêves. Cela accréditerait
scientifiquement l'idée que nous gérons certaines choses dans notre
sommeil que nous avons tendance à oublier quand nous sommes éveillés.
Cela va à l'encontre de ceux qui considèrent les rêves uniquement comme
un courant aléatoire de signaux nerveux.
Peut-être en fait s'agit-il d'un peu des deux à la fois, peut-être y
a-t-il un sens à cet aspect aléatoire. Ernest Hartmann, médecin (au Sleep Disorders Center du Newton Wellesley Hospital au Massachusetts), propose que le processus neurologique qui crée des rêves crée aussi une zone thérapeutique unique.
Du point de vue de Hartmann, le cerveau est toujours en train de
traiter un spectre de connexions – qui vont de moments
d'hyperconcentration à des flashs espacés et à une infinité de rêves.
Simultanément, le cerveau traite toute une gamme d'émotions, qui vont de
simples sentiments à des émotions complexes. Et quand vous vous trouvez
dans les profondeurs du sommeil paradoxal, le centre d'émotion de votre
cerveau est très actif. Donc, comme dans le cabinet d'un thérapeute,
les rêves vous permettent de créer un espace que Hartmann appelle « un
endroit sûr ».
Toutefois, comme dans la plupart des théories sur les rêves, celle de
Hartmann reste encore à prouver. Pour le moment, les rêves restent
essentiellement un mystère non résolu du sommeil.
Source Canoë.ca
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